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26 févr. 2008

Le vieux bonhomme



Dans les années '70, un copain (Nanou tu t'en souviendras !) avait eu l'idée de nous entraîner à une émission radio de variétés diffusée par Europe 1. L'artiste qui recueillait le plus d'applaudissements de la part du public présent dans le studio revenait se produire le lendemain, et pendant plusieurs semaines. Ce jour-là, les invités étaient Mike Brant et le groupe Tri Yann.


En pleine gloire, Mike Brant rendait hystériques la plupart des filles de mon âge (mais ni mes copines ni moi). Nous avions donc décidé d'entrer coûte que coûte dans le studio d'Europe 1, afin de chasser le crooner de ces dames et tenter de faire triompher Tri Yann. Difficile pari ! Nous avons tant et si bien applaudi, hurlé, tapé des pieds, que Tri Yann devança Mike sur l'aiguille de l'applaudimètre.


A l'époque, je courais aux concerts d'Alan Stivell, et rêvais déjà de me rendre au Festival Interceltique de Lorient (ce qui viendra un jour, j'espère), mais aussi à ceux de Idir et plus tard de Djurdjura et Djamel Allam. Ce sont ces goûts éclectiques m'ont donné l'idée de vous parler du mouvement celtic-berbère.



Quand on affectionne des genres musicaux différents, bien souvent, un fil conducteur les relie. Parfois ce sont les harmonies, parfois la qualité des paroles, parfois les deux. Car l'art de mettre un beau poème en musique est supérieur au texte et à la musique pris isolément.


Lorsque c'est réussi, les reprises et adaptations abondent. Avec plus ou moins de bonheur.

La reprise ci-dessous par Hocine Boukella, alias Cheikh Sidi Bemol, de la chanson de Brassens, Bonhomme, s'intitule Amghar. Elle est d'autant plus réussie à mes yeux qu'elle ne singe ni la mélodie de Brassens, ni son vocabulaire recherché.


Elle reprend seulement l'histoire de la vieille femme partie chercher du bois pour réchauffer celui qui partage sa vie et qui va mourir. La poésie n'a pas à s'en plaindre. C'est une bien belle création à écouter ci-dessous.

J'ai reproduit les paroles de chacune des deux chansons car, bien qu'elles aient une parenté évidente, la comparaison met en lumière la part très personnelle de chacun des artistes.



Le vieux
Paroles et musique de Hocine Boukella (traduction)

La neige tapisse même la vallée;
La vieille va ramasser du bois
Pour chauffer son vieux.
Dans le lit, il attend;
L'heure est venue,
Il part bientôt.

Le souci la ronge, sèche ses yeux;
Le froid engourdit ses mains;
Avec peine, elle attache son fagot.
Le vieux, dans le lit, attend;
L'heure est venue,
Il part bientôt.

L'oiseau de malheur crie à la femme:
«Pas besoin de bois, ton mari est mort!»
«Casse-toi loin d'ici, Faucon!
Le vieux, dans le lit, attend;
L'heure est venue,
Il part bientôt.»

Elle presse le pas au souvenir des années
Qu'elle vécut seule quand il émigra jadis.
«Satan! Que Dieu te damne!
Le vieux, dans le lit, attend;
L'heure est venue,
Il part bientôt.»

Elle rentre enfin, l'orage éclate
Elle dit: «Dieu, on n'en finira jamais!»
Le vent emporte ses paroles;
Le vieux, dans le lit, attend;
L'heure est venue,
Il part bientôt.»



Cheikh Sidi Bemol Amghar






Et voici Bonhomme par Georges Brassens



Découvrez Georges Brassens!



Bonhomme

(Paroles et musique de G. Brassens)


Malgré la bise qui mord
La pauvre vieille de somme
Va ramasser du bois mort
Pour chauffer Bonhomme
Bonhomme qui va mourir
De mort naturelle

Mélancolique, elle va
A travers la forêt blême
Où jadis elle rêva
De celui qu'elle aime
Qu'elle aime et qui va mourir
De mort naturelle

Rien n'arrêtera le cours
De la vieille qui moissonne
Le bois mort de ses doigts gourds
Ni rien ni personne
Car Bonhomme va mourir
De mort naturelle

Non, rien ne l'arrêtera
Ni cette voix de malheur
Qui dit : " Quand tu rentreras
Chez toi, tout à l'heure
Bonhomm' sera déjà mort
De mort naturelle "

Ni cette autre et sombre voix
Montant du plus profond d'elle
Lui rappeler que, parfois
Il fut infidèle
Car Bonhomme, il va mourir
De mort naturelle


2 commentaires:

Vladie38 a dit…

Salut,

J'adooooooore! Je connaissait déjà très bien Tri Yann et Alan Stivell. Mon beaufrère d'origine Kabyle m'avait fait découvrir Idir et Djur Djura au début des années 90. Et là la réunion des 2 styles est tout simplement... génial! Maintenant que je sais que cela existe je vais courrir chez le disquaire hélico presto! Merci pour cette découverte.

Bête à part a dit…

Ah bon ? Tu ne chantes pas des chants savoyards avec un chapeau à plume en marchant sur les sentiers escarpés en compagnie de tes animaux favoris ? (la petie soeur à Heidi) :)))
Super alors. C'est génial de trouver des gens avec des goûts en commun.

J'en ai encore un de derrière les fagots : une pianiste qui compose en mixant avec des gthèmes indiens. Du pur planant !