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1 mars 2008

Peintre


Gustave Caillebotte, Les Raboteurs de parquet (1875)

Un jour que je devais mentionner le métier de mon homme, je dis qu'il était peintre.

- Artiste peintre ou peintre en bâtiment ?

Après une demi-seconde d'hésitation, je répondis avec un grand sourire :

- Les deux !

Quand je vois ce dont il est capable...

Poncer « à blanc » des plafonds à caisson, préparer un fond pour la laque, faire ses teintes et reproduire les existantes, vous transformer une bête porte Isoplan en pseudo battant de chêne par la magie d'un glacis particulièrement réussi, tout cela c'est du travail d'artiste.


Une fois, je l'attendais sagement dans un hall aux senteurs d'essence d'où partait un immense escalier, entièrement recouvert de toile et de polyane. La protection des boiseries et tapis est une des premières tâches du peintre : le land-art est son lot quotidien. Je l'entendis m'appeler d'en haut. Perché à 15 mètres, un orteil dans le vide et l'autre sur une peau de banane, il me cria qu'il serait prêt dans deux minutes.



J'ai failli me trouver mal de le voir dans cette posture.

J'essayais de détourner mon inquiétude en admirant les ornements du hall. Il arriva tout guilleret et me dit :



- Tu vois là-bas, la corniche ? Elle était toute abimée au début du chantier.

- Eh bien ça ne se voit pas.

- Non, de loin ça ne se voit plus. Je l'ai retapée.

- Mais comment as-tu fait ?

- Je me suis débrouillé !


Voilà ce que fait mon homme toute la journée : il fait du land-art, réhabilite les lieux les plus défraîchis dans leurs moindres détails, et il « se débrouille ».

Dans le bâtiment, le peintre fait ce qu'on appelle le second oeuvre. Second oeuvre, oui, mais de premier plan.



Et je ne parle pas des tableaux et sculptures qu'il réalise en secret à la cave.


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Land Art : le Pont-Neuf à Paris, "emballé" par Christo.



2 commentaires:

Mme Yoyo a dit…

"Le second oeuvre", je crois qu'en bon français, quand on dit "second", cela veut dire que c'est le dernier, il n'ya pas de troisième sinon on dira "deuxième". Tout ça pour dire que le dernier qui passe, est l'artiste ou le maître-artisan, pour pauffiner l'oeuvre, quel quelle soit. Ce sont des métiers manuels comme il en faudra toujours. Moi, je prépare, répare, installe le matériel technique, pour que les émissions télé puissent abriter les gros cous de la présentation et les mythos de réalisateurs. Quand ça marche bien, c'est normal, quand il y a quelque chose qui foire, c'est toujours les techniciens qui n'ont as ien fait leur boulot. Je préfère quand c'est normal, c'est un plaisir de voir une émission "finie" à l'écran. D'ailleurs, j'en profite pour inviter tes visiteurs à découvrir Bruxelles, puisque l'émission de Drucker s'y déroulera ce Samedi soir, en direct de la Grand Place de Bruxelles.

Bab a dit…

Maître-artisan est le bon terme. Je dis "artiste" car je suis de parti-pris, et mon artiste à moi est forcément mieux que les autres :). Le second-oeuvre est par opposition à ce qu'on appelle le gros-oeuvre (du moins dans la bâtiment, c'est le travail de base) et j'aurais dû lui mettre un trait d'union.

Pour ma part, j'ai toujours pensé que le travail de chacun est le résultat d'un ensemble de tâches réalisées par plusieurs personnes.
Même l'écrivain qui oeuvre seul face à sa page blanche pas celle en "papier d'écran de PC) est tributaire du secrétaire d'édition et du correcteur qui peaufinent.

Drucker ne serait pas ce qu'il est sans les techniciens, documentalistes, maquilleurs et coiffeurs, cantonniers lorsque l'émission a lieu dehors, etc.

En tant que technicien, cela doit représenter pas mal d'heures de travail pour une émission aussi longue !

Du coup, je vais la regarder (un peu), contrairement à mon habitude.
De plus, je ne connais pas Bruxelles, ce qui est dommage d'après ceux qui connaissent.

Bon courage pour cette grosse émission. C'est sympa de voir quelque chose dont on sait qu'une partie est le fruit du travail de quelqu'un qu'on connaît (même virtuellement :))