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17 nov. 2008

Vie de bureau





Le regard vert rigolard et le cheveu hirsute, Michèle arrive dans son éternel jean délavé et t-shirt sans manche. Il est 9 heures 30. Personne n'est monté du rez-de-chaussée voir comment on va ce matin. Tant mieux. Certains regardent leur montre discrètement derrière les rideaux quand on arrive, surtout quand elle arrive.

Bande de flics prétendument sympas-décontractés-pas d'ça-chez-nous !


Elle a eu du mal à se réveiller et La Petite ne voulait pas boire son biberon. Je vais chercher la cafetière et on s'en grille une. Tout le monde est en bas, à faire la cour au directeur. Il faut se montrer à la cérémonie du café à son étage et l'écouter raconter le « meeeiiilleur » film qu'il ait jamais vu, et sa femme-enfant nous vanter les mérites de sa fille qu'on dirait sa sœur tellement elle est mûre et tellement la mère fait jeune.




Nous, on n'aime pas s'extasier sur commande. Une grande tasse de kawa sur le coin du bureau, l'œil rivé à l'écran. Mes paies qui déconnent encore sur les cotisations vieillesse, et elle qui tape à trois-cents à l'heure en regardant par la fenêtre. Il y avait le tireur le plus rapide de l'Ouest, nous on a la dactylo la plus rapide de l'Est parisien.


Elle me raconte la dernière attaque de souris dans l'appartement, que personne ne veut les tuer et qu'est-ce-que-tu-f'rais-toi-Bab ?

Entre deux tableaux, on dresse les souris, on monte une troupe, le matos sera pas cher, trois bouts de bois, c'est pas gros une souris. Je chicane sur leurs noms, mais il paraît qu'il faut absolument au moins Minnie et Mickey sous peine de fâcher gravement La Petite qui s'y connaît.


Tout est réglé, nous avons un agent artistique, on s'apprête à partir en tournée mondiale, on peaufine les termes de nos lettres de démission, tout en continuant à manipuler furieusement la souris (du Macintosh cette fois) et Michèle de jouer une valse de Chopin sur son clavier Azerty.


photo veronikenfrance


Vlan ! La porte s'ouvre. Il paraît qu'on nous entend rigoler depuis le rez-de-chaussée.

Cémoikevla demande pourquoi on n'est pas venues « au café » avec les autres. On a du boulot, nous. Persuadé qu'on préférait ne pas faire remarquer notre retard, il repart dépité de ne pouvoir le prouver, non sans sous-entendre qu'il vaudrait mieux la prochaine fois y être.


Ne pas se pointer à sa quotidienne cérémonie d'allégeance, passe encore, mais rire plus fort que sa cour, là on a déconné !



6 commentaires:

saint-marc a dit…

Y a d'la joie,
bon jour, bon jour les pères noëls
y a d'la joie !!

Bab a dit…

C'était un Père Fouettard déguisé en Père Noël patelin.
Mais cette période constitue quand même un bon souvenir, à cause des tranches de rire qu'on s'est offert avec cette amie. C'est du passé, je ne fais pas table rase des bons moments, et de lui maintenant je m'en fous. ;-)

Tinky a dit…

Chère Bab,

Je suis comme toi. Le léchage de culs et de bottes me provoque trop d'allergies pour m'y adonner, et d'ailleurs je crache à la gueule de l'autorité avec laquelle j'ai toujours eu des problèmes. Je travaille parce qu'il faut payer ses factures et je fais le travail qu'on me demande, mais je m'en tiens au minimum syndical, parce que quand on se fatigue on n'est pas reconnu, alors, ma peau et ma santé d'abord ! Je veux pouvoir arriver à l'âge de ma retraite encore suffisamment en forme pour en profiter ! Quant aux arrivistes qui tentent de me passer dessus, en général, je les chope entre quatre-z-yeux et je leur dis ce que je pense de leur attitude déplorable et le mépris qu'ils m'inspirent. En général, ça les désarçonne et ça les calme !

Tinky, que la hiérarchie et les conventions sociales et les inégalités révoltent.

Amicalement, Tinky :-)

Jakline a dit…

Les dures lois du travail... mais quand on n'a plus de travail, c'est un autre problème!

Bab a dit…

C'est vrai Jakline, on se plaint toujours de ce qu'on a, puis on pleure ce qu'on a perdu.
J'ai la chance que mon inactivité actuelle ne soit pas du chômage.
Mais le type dont il s'agit m'a quand même licenciée, à l'époque, sous un mauvais prétexte. Et il a été condamné par le Conseil de Prud'hommes.

Bab a dit…

L'allergie chez moi c'est surtout à l'hypocrisie et la flatterie que j'ai en horreur.

On peut toujours trouver un intérêt à n'importe quel boulot (ne serait-ce que les gens qu'on y rencontre quand il n'y a rien d'autre), ça me paraît indispensable à pouvoir tenir. Mais une entreprise n'est pas une secte non plus ! Là-bas le patron se comportait en gourou. Irrévérence chérie, tu démystifies et dédramatises...