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13 nov. 2007

L'idée de race


Une analyse de Milton Dassier sur l'idée de race dans la société française. Il invente le terme "racialiste" qu'il explique.

Pour moi, il n'y a aucune différence. Même si on se déclare contre les discriminations, juger quelqu'un en fonction de ses origines ou de sa religion c'est du racisme tout simplement !


Le racisme commence même très en amont lorsqu'on pense qu'il existe plusieurs races. J'aime l'idée de Lilian Thuram, notre célèbre joueur de foot, dont les projets rapportés sur le blog de l'écrivain Alain Mabanckou, parlent d'éducation pour lutter contre le racisme. En voilà un qui a bien compris qu'il n'existe que l'espèce humaine à laquelle nous appartenons tous.


Réfléchir sur notre représentation de nous-mêmes et de "l'autre"...





« L'idée de race a envahi la société française d'aujourd'ui.

Discriminations à l’emploi, au logement, ministère de l’immigration et de l’identité nationale, discours de Dakar, rafles contre les sans-papier, incarcérations d’enfants d’immigrés clandestins, contrôles d’identité au faciès, amalgames entre délinquance, fraude et look d’étranger non européen, tests ADN, gaffe présidentielle assimilant Condoleeza Rice à une immigrée parce qu’elle est noire.
Et aujourd’hui sort un rapport de l’ONU dénonçant les graves dérives de la France et de son administration. Il y a en France un contexte de racisme larvé qui touche tous les niveaux de la société. A partir du moment où l’état et ses dirigeants montrent qu’ils ne sont pas insensibles à des clichés racialistes pour se faire une idée et définir des décisions à propos de certains problèmes du pays, c’est toute la nation qui est « contaminée ». (...)


Racialisme ou racisme ?
J’ai dit « racialiste » car, pour beaucoup de gens, soit on est raciste, soit on ne l’est pas ; soit on adhère à l’idée ou au sentiment d’une hiérarchie des races, soit on est foncièrement contre ce genre d’échelle de valeurs.
En fait, on peut très bien être anti-raciste et utiliser des clichés basés sur une religion, une origine ou une couleur de peau ; ou encore, on peut très bien récuser l’idée d’une hiérarchie des races tout en admettant que l’idée même de race existe et constitue un facteur qui influence les comportements, les coutumes, les capacités de ses membres.
Ainsi, les noirs seraient de meilleurs coureurs et auraient le rythme dans la peau, les asiatiques se montreraient plus travailleurs et plus rigoureux, les européens plus conquérants et les juifs plus habiles. Vous voyez bien que les clichés ne sont pas toujours négatifs. Ils ne datent pas d’aujourd’hui. (...)


Nouvelles tendances

L'obsession des origines


L'obsession de la conformité des origines a même envahi les officiers d'état-civil de l'administration qui vous demanderont de prouver que vous avez des origines françaises si vous portez un nom qui n'est pas français de souche. (...)
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Le racisme anti-blanc

Ceux qui invoquent le racisme anti-blanc pour se défendre de certaines marques d’hostilité à leur égard de la part de certains voyous, ne se rendent pas compte qu’ils évoquent en fait leur identité blanche dont ils font un (...)
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L'antisémitisme alibi

C'est le même processus à l'oeuvre que dans le racisme anti-blanc. L'accusation d'antisémitisme portée à n'importe quelle occasion envers des personnalités ou des groupes en sachant qu'on en appelle, là, au rappel d'une tragédie infâme : la shoah. On se victimise, on réclame des ...
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Car le racisme n’est pas assimilable à la simple manifestation d’une hostilité, d’un rejet, d’une haine, c’est un système de pensée dont le racialisme est l’origine.



Et si on se méfie des blancs dans certains endroits de la république, ce n’est rien d’autre que l’effet boomerang d’un climat de domination violente et sans partage institué par une société qui a perpétué ses clichés coloniaux basés sur l’idée de race sans même s’en rendre compte.

Coluche avec ses sketchs des années 80 comme "le pont de l'Alma" ("un homme normal...Blanc!") ou le "CRS arabe" avait été un visionnaire de cet état d'esprit dont il aimait être le miroir moqueur...!
Dés lors que je pense race, origine ou religion pour définir autrui, je suis prêt un jour pour le racisme. »

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Achille Mbembe rapporte les propos de Lilian Thuram
à propos des races lors d'un échange avec des écoliers de Barcelone.

« Lilian est persuadé qu’il n’y a qu’une seule race – la race humaine. Il fut étonné lorsque les enfants lui apprirent qu’il y avait plusieurs races humaines. Il leur a alors demandé de définir les qualités de chacune de ces races - ce qu’ils ont fait sans difficulté apparente. Ils ont énuméré les qualités de toutes les races – noire, jaune, rouge. Mais aucune pour la race blanche. Après avoir insisté pour savoir quelles étaient les qualités de la race blanche, un jeune garçon a fini par lui dire que la race blanche récapitulait en elle toutes les qualités des autres races.



La grande préoccupation de Lilian en ce moment est de mettre en place une fondation dont l’objectif est de lutter contre les préjugés racistes. Comme lors de notre première entrevue, il est convaincu que notre monde va comme il va à cause de l’ignorance. Il en parle comme d’un vaccin ou encore une forme d’immunisation. Il veut croire que la connaissance constitue l’arme fatale contre les préjugés. Sa guerre est une guerre contre l’idée qu’il existe plusieurs races.»




2 commentaires:

Madame Yoyo a dit…

Une petite réaction, à l'idée que l'on se fait des capacités de certains ( rythmes des blacks, travailleurs acharnés asiatiques ou habileté juive ), personelllement j'en ris plus que j'en disserte, et je le prends comme une diversité et comme une invitation à l'autre, pou qu'il ai plus de rythme dans sa vie ou qu'il soit aussi habile que le juif qu'il dénigre. Décaler le discours de l'intolérant, permet bien souvent à celui-ci de se rendre compte de la fragilité de ses arguments.

Bête à part a dit…

L'humour est une arme bien plus redoutable. Il a l'avantage en plus de ne pas nécessiter de longs discours.

Comme celui de Guy Bedos qui "invite au rire de résistance" en disant, à propos de Ministère de l'identité nationale : "de quelle couleur sera l'étoile ? Le jaune est déjà pris".