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16 févr. 2008

Ils nous ont tout piqué



Il y a longtemps, on allait chez Emmaüs ou aux Puces, s'acheter des meubles, de la vaisselle, des vêtements, et même des sanitaires. Rien de plus cher qu'un lavabo ou un robinet !

Or, tous ces objets, pour être encore utilisables après quelques années de service, devaient forcément être de bonne qualité. A l'ère du "aussitôt acheté, aussitôt jeté", on pouvait donc, malgré des moyens très limités, s'offrir de quoi meubler un studio ou refaire la salle de bain.

Maintenant, le
vintage et la chine sont devenus à la mode. Les objets les plus intéressants sont achetés par des décorateurs ou des petites bourgeoises qui meublent leur oisiveté à refaire la déco.

Plus personne ne peut s'acheter quelquechose là-bas - les prix ont tellement augmenté grâce ou à cause de cette clientèle aisée - ou alors ce qu'il reste, c'est-à-dire le plus pourri.


Les pauvres sont chassés des endroits créés par eux.

Non contents de se gaver sur les dividendes des entreprises qui prospèrent à la sueur du front des prolos, ils s'ennuient dans leurs ghettos pour riches. Ils cherchent du nouveau. Mais ces vampires n'ont rien de créatif, ils n'ont jamais eu besoin d'inventer des solutions, il leur suffit d'acheter. Et la récup, présentée comme une grande innovation dans le
mouv' du recyclage, c'est le quotidien de tous ceux qui ne peuvent pas faire autrement. Ils n'ont vraiment rien inventé. Mais ils ne supportent pas que la créativité soit du côté des sans grade, et surtout que cette créativité soit gratuite. L'art est devenu marchandise dans leurs mains.


Ils nous ont déjà piqué les quartiers "si vivants", "si colorés et populaires, ma chèèère" et les ont rendus inaccessibles. Les prix de l'immobilier y atteignent des sommets vertigineux. On n'y trouve plus un bistrot digne de ce nom à prix abordable. Ils continuent à nous piquer tout ce qui est vivant et qui bouge. Ils en font des ghettos parano, remplis d'alarmes antivol, puis ils recommencent ailleurs.


Les bourgeois nous ont toujours tout piqué et ils continuent !

Je ne peux plus ouvrir un magazine de décoration sans avoir envie de vomir. Ces meubles, "teeeellement mis en valeuuur" dans ces intérieurs magnifiques, sont ceux que les pauvres gens n'achèteront pas aux Puces ou aux Compagnons d'Emmaüs.

Ceux qui viennent faire la peinture et la tapisserie chez les bourgeois, ceux qui s'arrachent les doigts sur les si belles tomettes anciennes, qui réalisent un travail d'artistes, ceux-là doivent se contenter du mobilier Conforama. Quand ils peuvent se le payer. Et surtout, de quel droit ces pauvres pue-la-sueur auraient-ils le sens du beau ? Le beau, la qualité et l'art ont toujours été confisqués au profit d'une prétendue élite.

Il faut bien faire fonctionner l'industrie et le commerce dont se nourrissent ces braves bourgeois, qui ont la bonté d'acheter à une association humanitaire d'aide à ceux qui sont à la rue. Pourquoi sont-ils dans la rue ?

A cause des dividendes considérés
, par ceux qui les perçoivent, comme plus importants que les humains qui les produisent.



5 commentaires:

Madame Yoyo a dit…

Bonjour, j'avais laissé un com sur ton article précédent, mais ce n'est pas grave, l'important est l'article.
En Belgique, c'est un peu pareil, mais beaucoup font de la résistance. Par exemple, à Bruxelles, dans le quartier des Marolles, un des plus vieux quartiers populaires, est aujourd'hui squatté par des riches commerçants d'Arts et d'Antiquités. Les habitants sont chassés petit à petit avec la hausse du loyer, car ces commerçants, rénove les appartements au-dessus de leur boutique et en font des appartementsde luxe pour nouveaux riches. Parmi ceux qui font plus que de la résistance, il y a l'Asociation les Petits Riens, qui a vu venir cette tendance et en profite....aux profits des démunis. http://www.petitsriens.be/accueil.htm
Les Petits Riens ont plusieurs boutiques, où ils vendent à divers prix, des objets récupérés. Parmi leurs boutiques, ils en ont une qui vends plus chère, des objets anciens qui font les choux gras des magazines dont tu parles. Mais je le rappele, pour la bonne cause, celle qu'on peut croiser tous les jours dans le batiment de la rue Américaine, à Bruxelles. En effet, y travaille que des hommes et femmes dans le besoin et pour la plupart sortis de la Rue grâce aux Petits Riens.

Bête à part a dit…

C'est exact. Emmaüs ou les Petits Riens sont des structures très importantes, parfois la dernière chance pour ceux qui sont hors circuit depuis trop longtemps. Ce qui me choque c'est que certains s'emparent de ce qui rend service à ceux qui n'ont pas les moyens, et ils se glorifient de leurs trouvailles tout en faisant monter les prix.

Mais bien sûr, le plus important est que des associations comme celles-là existent pour aider ceux qui ne ont le plus besoin.

Bête à part a dit…

Merci pour le lien qui me fait découvrir cette association.

Vladie38 a dit…

Bonjour Bab. Et oui la mode est à l'humanitaire, tant que ça ne touche pas le porte monnaie personnel! Alors on voit apparaître des gens fortunés (ex. Bill Gates) qui donnent une partie de leur fortune pour l'humanitaire. Ca fait bien! Oui mais voilà ils oublient de dire qu'ils ont montés leur empire financier sur le dos des pauvres! Dans notre système plus les riches sont riches plus il y a de pauvres, équation fondamentale des spéculateurs et autres! Alors à quand la mode du partage? Est-ce que tout le monde serait prêt à perdre un peu pour donner beaucoup?

Bête à part a dit…

es humanitaires, certains sont les nouvelles dames patronnesses : bonne conscience et police privée.

Tu as raison, la mode du partage ne fonctionne, jusqu'à maintenant, qu'en circuit fermé : exemple tu fais partie de mon cercle d'amis, famille ou groupe quelconque mais les autres, hors du groupe, en sont exclus.

Le partage ne fait pas fonctionner les particularismes ni le commerce ma bonne dame... Des fois c'est à avoir honte d'être humain.