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8 janv. 2009

Idéalistes


La Petite fabrique d'éciture proposait de « décrire une photo sur laquelle vous êtes et de vous en servir pour évoquer le ou les souvenirs qui s'y rattachent ».

Voici la mienne.


Une jeune femme de profil, souriante. Deux longues tresses auburn coulent de son bonnet de coton bleu, jusqu'à la taille. Il est de la même couleur que son collier d'émail et que le ballon de baudruche sur lequel elle écrit des slogans au feutre. Tout autour, des gradins combles, où des milliers d'autres femmes, de tous âges de toutes couleurs, chantent en brandissant des banderoles fleuries où on peut lire : « Les femmes pour la paix ».


Au fond, une tribune où siègent une brochette de célébrités. Parmi elles, on distingue plus nettement Angela Davis, recherchée par la CIA, assise aux côtés de la première femme cosmonaute, Valentina Tereschkova. Elles sont tournées vers Miriam Makeba, figure de la lutte anti-apartheid, qui emplit le stade de sa puissante voix.


Mon amie rit en regardant cette photo. Elle se reconnaît aussi. A l'époque où tout le monde portait les cheveux longs, les siens descendaient aussi jusqu'à sa longue jupe à fleurs, parmi une marée de têtes blondes, brunes ou rousses, beaucoup teintes au henné, parfois coiffées d'un foulard rouge, symbole de la révolution. Nous nous remémorons celles qui nous entourent : « Regarde Jeanine la tête qu'elle avait ! Et Liliane ! Tu te souvenais qu'elle y était ? » « Et toi, tu te souvenais d'avoir eu cette tête-là ? Nous éclatons de rire.


Cela ne nous évoque que de bons souvenirs. Chaque fois que je tiens cette photo en main, un courant d'énergie m'envahit, qui accélère les battements de mon cœur. Il en émane toute la force de notre foi en l'humain, toute la certitude que nous avions de l'avènement imminent d'un monde meilleur. Il ne pouvait en être autrement, nous étions si nombreuses, si déterminées !

Femmes et mères, nous nous sentions porteuses de l'avenir du monde, manifestant pour la liberté de nos corps, contre l'injustice et contre toutes les guerres. Nous écoutions les voix des femmes du monde, et pensions que les nôtres leur faisaient écho.


J'ai longtemps hésité à publier ce texte ici. Parce que dire « j'y étais », c'est tellement fanfaron ! Mais vous étiez prévenus en venant sur ce blog : « J'me la pète », c'est vrai. Et je n'ai pas honte. Parce que ce sont de bons souvenirs, d'amitié, d'engagement et de jeunesse. Que je ne renie pas.

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5 commentaires:

Tinky a dit…

Chère Bab,

J'aime vraiment beaucoup tes textes, et je viens de poster un petit article sur mon propre blog, car grâce à toi et à une autre internaute, Saadou, qui est adorable, j'ai découvert Deezer.com. J'ai d'ailleurs mis la musique d'un artiste allemand, qui fait de la musique électronique superbe, en exergue dudit article, encore illustré par une de mes fractales. Des trucs planants pour compenser le vol plané que j'ai eu grâce au verglas !
Bises et continue tes écritures, j'adore. Au fiat, il faudra que tu m'expliques comment coller les pps sur le blog, parce que tes images de brumes étaient superbes !
Tinky :-)

Bab a dit…

Tinky ! Flattez, flattez, il en restera toujours quelque chose... Que cela te plaise me fait grand plaisir et je te retourne le compliment parce que je me régale aussi à venir par chez toi.

Anonyme a dit…

bonjour en 68,j'y étais aussi,àPeynier école d'édudaceurs spécialisés d'alors!et on a fait des co-gestions pour en démocratie trouver une façon pour que l on ne fasse plus 2ans moniteur éducateur et encore 3ans éducateur spécialisé(ce que j'ai fais)mais "trouver des passerelles" pour raccourcir d'un an au moins les deux formations étant tres proches et ça a marché!Notre convention collective avait deux ans(66)et voilà "qu'ils vont la changer en mars 2006",la toiletter ...comme ils disent pour supprimer tous les acquis et revoir à la baisse les congés et autres avantages, comme si éduquer des enfants en difficulté ce n'était pas aussi difficile qu'éduquer les autres enfants(congés duement nessecitaires pour se reposer et recharger sa ...."patience"!!!j'y étais en 68 dans des réunions de femmes à villecroze(83)....j'y étais sans honte ni reproche!arieth

Jakline a dit…

Toute une époque à reconsidérer sans nostalgie.. mais il y a encore fort à faire pour la condition féminine ici et ailleurs.

Bab a dit…

Oui Jakline, et en matière de paix aussi.